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GRANDS MAMMIFERES FOSSILES ET ACTUELS: METHODE COMPARATIVE
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DES JARDINIERS DE LA TERRE
Les grands animaux s'associent généralement à des rongeurs et des insectes terricoles pour orienter l'évolution des plantes et façonner les paysages. Des mécanismes comparables sont à l'oeuvre depuis la différenciation des plantes, champignons et animaux à partir d'un stock de départ de plusieurs types d'algues. Il y a 245 millions d'années, les plantes gymnospermes prennent l'avantage sur les fougères et les presles, grâce à une formule de reproduction plus efficace. 20 millions d'années plus tard, les dinosaures, ptérosaures, mammifères et termites apparaissent simultanément. Ces 4 types d'organismes cojardinent les paysages continentaux en association avec les gymnospermes, les dinosaures assurant le gros oeuvre en surface, et les termites au niveau du sol. Le climat est alors chaud et humide sur tous les continents.
Il y a 146 millions d'années, le climat se refroidit, les plantes angiospermes concurrencent très sérieusement les gymnospermes. 15 millions d'années plus tard, les insectes pollinisateurs (papillons, hyménoptères), apparaissent. C'est notamment le cas des fourmis.La part de ces insectes, de nombreux mammifères et de certains dinosaures associés aux angiospermes va croissant dans le cojardinage des continents.
Après la crise Crétacé-Tertiaire, les mammifères et les oiseaux interviennent auprès des angiospermes comme le faisaient les dinosaures et les ptérosaures auprès des gymnospermes. Le rôle des termites d'une part, des fourmis et des insectes pollinisateurs d'autre part, tend à s'équilibrer en complémentarité.
Après la "grande coupure", il y a 34 millions d'années, le climat se refroidit encore. Les mammifères multituberculés, auxiliaires successifs des grands dinosaures et des grands mammifères vis-à-vis de la flore, cèdent le pas aux rongeurs dans ce rôle. Les fourmis et les insectes pollinisateurs deviennent dominants, mais les termites conservent un rôle très important dans les régions tropicales.
Aujourd'hui, l'homme tend à favoriser les plantes cultivées et les animaux destinés à sa consommation, et à éliminer tous les autres organismes. Certaines tentatives humaines très limitées jusqu'à présent tendent à réintroduire des insectes pollinisateurs, et même des termites, comme acteurs essentiels dans l'orientation de la flore.
Dans quelques milllions ou quelques dizaines de millions d'années, des plantes plus efficaces dans leur reproduction que les angiospermes seront peut-être jardinées par des animaux plus perfectionnés que les mammifères (grands et petits) les oiseaux et les insectes pollinisateurs d'une part, et des organismes terricoles plus avancés encore que les termites et fourmis du temps présent... |